Jaune · Œuvre 117 · 2024
La première apparition de la tache jaune
Au début, le jaune apparaît comme une petite tache dans un espace blanc presque vide, une trace presque accidentelle, une éclaboussure. Ce n’est ni tout à fait un objet ni tout à fait un signe, mais plutôt le premier événement sur le plan : un point à partir duquel le mouvement peut commencer.
Jaune · Œuvre 118 · 2024
La tache devient une figure verticale
Dans l’œuvre suivante, la tache s’étend en une figure verticale floue. On peut la voir dans son ensemble à une certaine distance, bien que ses contours restent flous : la forme est déjà apparue, mais ne s’est pas encore complètement séparée de l’espace environnant.
Jaune · Œuvre 119 · 2024
Le jaune remplit tout le plan
L’ocre occupe maintenant presque tout le plan : il ne reste à regarder que les coups de pinceau, les irrégularités et les marges. L’objet a grandi et la distance s’est effondrée. En s’étendant, la couleur devient lumière : d’abord une tache, puis une lueur verticale, enfin tout l’espace visible—soleil, matin, état où tout reste possible.
Jaune · Œuvre 120 · 2024
La lumière jaune entre des plans noirs
La quatrième œuvre interrompt l’expansion de la forme-couleur. Le jaune est comprimé en une étroite colonne verticale, bordée à droite et à gauche de bandes sombres, comme des rideaux qui se referment. La lumière n’a pas encore disparu, mais elle est déjà occultée. La croissance qui allait de la tache au plan entier s’achève par une éclipse.
Rouge · Œuvre 121 · 2024
Une fissure avant la catastrophe
Une figure noire oblique sur le panneau presque nu ressemble à un défaut structurel critique. Il y a très peu de rouge : la catastrophe n’a pas encore eu lieu, mais elle est déjà perceptible et inévitable.
Rouge · Œuvre 122 · 2024
Des nuages noirs au-dessus d’une terre empoisonnée
De lourds nuages noirs pèsent sur une terre meurtrie, traversée de traînées rouges comme une pluie de sang ou d’acide. Le paysage devient le signe de la pollution, de la guerre et de ce qui n’aurait jamais dû arriver.
Rouge · Œuvre 123 · 2024
Une montagne blessée sous les nuages noirs
Une montagne devrait signifier la stabilité et l’endurance, mais elle est ici brisée et entourée de nuages lourds. Le voile rouge la recouvre, mais son contour perce encore ; aucun signe ultérieur ne restera aussi distinct.
Rouge · Œuvre 124 · 2024
Une rose presque effacée
L’image d’une belle fleur est presque entièrement recouverte de noir et de rouge. Il faut deviner la rose : le rouge n’anime pas la forme, il participe à sa destruction.
Rouge · Œuvre 125 · 2024
Un sacrifice qui donne le savoir
Un signe vertical associe une lance et un œil et renvoie à Odin. La douleur et le sacrifice ouvrent une autre possibilité : la souffrance peut conduire au savoir ou au nouveau—première tentative d’évasion de la série.
Rouge · Œuvre 126 · 2024
Un sacrifice qui ne donne rien
La lance suivante est Gáe Bulg, avec laquelle Cú Chulainn tua son fils sans le reconnaître. Une lance répond à l’autre : sacrifice porteur de sens contre sacrifice vain, refermant la première tentative d’évasion.
Rouge · Œuvre 127 · 2024
Des champs et des habitations en feu
Des meules ou des toits triangulaires se dressent dans un champ rouge. Sans nommer de lieu, l’image devient le signe général d’un espace natal détruit que les habitants sont forcés de quitter.
Rouge · Œuvre 128 · 2024
Le cycle fermé de la violence
L’anneau noir peut se lire comme l’Ouroboros, le serpent qui dévore sa queue. Dans la série, il figure un cycle fermé : la violence se reproduit et une destruction devient le commencement de la suivante.
Rouge · Œuvre 129 · 2024
La couronne et le pouvoir sans fin
La couronne ne désigne pas un souverain, mais le pouvoir lui-même et son désir de durer indéfiniment. Le cycle de la souffrance reçoit ainsi une explication non seulement mythologique, mais humaine.
Rouge · Œuvre 130 · 2024
La forêt sombre au-delà de la frontière
La bande noire peut être lue comme une forêt sombre à la limite du monde familier. Au-delà se trouve l’autre : redouté et objet de méfiance, mais aussi associé aux contes et aux miracles. La seconde tentative d’évasion demande si nous pouvons apprendre à faire confiance à ce qui se trouve au-delà.
Rouge · Œuvre 132 · 2024
Un champ rouge sous un ciel noir
Le finale est un paysage sans signe. Il ne reste qu’une mince bande olive et or au bord ; l’espoir a presque disparu et la seconde tentative d’évasion s’achève dans la désolation d’une terre brûlée.
Grise · Œuvre 133 · 2025
L’abstraction correcte et la fausse réponse
D’abord, c’est une abstraction sûre, parfaitement ordonnée. Revue après le reste de la série, sa correction devient suspecte : une fausse réponse ou un faux dieu doit ressembler exactement à l’original pour être cru.
Grise · Œuvre 135 · 2025
Une ville avec une seule fenêtre éclairée
Les maisons et la rue évoquent une petite patrie, le genre de lieu que l’on quitte. Une seule fenêtre est éclairée ; la ville meurt, et elle meurt en silence.
Grise · Œuvre 136 · 2025
La lune au-dessus d’une gare
Une gare suppose des arrivées, des départs et des rencontres, mais il n’y a ni trains ni personnes. Seule la lune demeure, témoin silencieux.
Grise · Œuvre 137 · 2025
Un bâtiment ou une trace de chenille
La structure résiste à l’identification. Ce peuvent être les fenêtres d’un immeuble ou l’empreinte de chenilles de char : la même forme signifie l’habitation et ce qui la détruit.
Grise · Œuvre 138 · 2025
Une église au dôme jaune
L’église se dresse dans le vide gris de la ville mourante. Ne devrait-elle pas réconcilier les nations par le pardon et l’amour ? Son dôme jaune donne une lumière réfléchie, semblable à celle de la lune, plutôt que la chaude lumière intérieure d’un foyer. Peut-être l’église meurt-elle aussi.
Grise · Œuvre 140 · 2025
Soleil ou lune
La lumière a perdu ses traits distinctifs. Il y a tant de gris autour qu’on ne distingue plus le jour de la nuit ; même la lumière perd son sens.
Grise · Œuvre 141 · 2025
La lune devenue grise
Même la lune s’est brouillée et effacée. Il n’existe plus de signe séparé ni personne à interroger—seulement le milieu gris et la question : que se passe-t-il ensuite ?
Blanche · Œuvre 142 · 2026
Le monde, digéré
Sköll a rattrapé et avalé le Soleil, comme lors du Ragnarök, puis l’a déjà « relâché »—peut-être plus d’une fois. Les catastrophes précédentes ne sont donc pas les étapes d’une fin unique, mais les propriétés ordinaires d’un monde digéré à répétition.
Blanche · Œuvre 143 · 2026
Sans-titre — une grille qui ne dit rien
La grille noire peut être une façade, une empreinte de pneu ou une batterie ; ses diagonales forment presque une lettre. Pourtant, la première série douée de parole ne dit rien ici. C’est sa seule œuvre sans titre ni mots : sous la peinture blanche se trouvait autrefois un graphique scientifique. Le langage a changé ; la grille est restée.
Blanche · Œuvre 144 · 2026
Le Dubnien profond
L’histoire cosmique se réduit à une colère privée : un habitant ivre, bruyant et agressif qui abîme les voitures et écrit des articles pseudo-scientifiques. La caricature recouvre un graphique dans une ville fière de sa science.
Blanche · Œuvre 145 · 2026
Électro-pissenlit
À la fois plante, circuit, antenne et dessin technique : peut-être une fleur du futur monde électrique. Si même une mauvaise herbe est remplacée, disparaît alors la dernière chose qui poussait et se reproduisait d’elle-même.
Blanche · Œuvre 146 · 2026
Superessence
Autour du pistolet sont inscrits superessence, puissance et à la pompe. Essence désigne à la fois le carburant et l’essence d’une chose ; puissance évoque le pouvoir, la pression et la force. L’essence suprême et la grande puissance se distribuent au litre, s’épuisent dans les files et finissent en deux gouttes.